Protéines : des besoins bien moindres que ceux annoncés

Bonjour,

Depuis quelques années, la mode des protéines a fait son bout de chemin jusqu’à en devenir un phénomène d’hystérie collective. Partout, on entend qu’il faut en manger. Le refrain est désormais bien rodé. Alors que les ventes de suppléments protéinés et autres barres céréalières crèvent les plafonds, il est bon de comprendre que cette surconsommation protéinique est scientifiquement infondée. Explications…

 

A quoi servent-elles ?

Les protéines sont au cœur de la croissance des tissus. De même, elles permettent leur renouvellement (afin de réparer leur usure normale). En revanche, elles ne figurent qu’au second plan du point de vue énergétique. En effet, leur utilisation comme apport énergétique ne peut s’opérer qu’en cas de carence à la fois en glucides et lipides.

 

Une composition chimique assez particulière

Très simplement, les protéines sont un agencement, plus ou moins long, de structures simples appelées « acides aminés ». La tâche principale de ces derniers consiste à assurer le transport optimal ainsi que le stockage optimisé des substances nutritives (macro- et micro-nutriments).

Au cours de la digestion, les protéines sont fragmentées en ces acides aminés. Une fois isolés, ces derniers sont assimilables et s’introduisent ensuite dans les processus métaboliques.

En d’autres termes, la vie ne serait nullement possible sans acides aminés. Comme vous l’avez compris, ils gèrent l’ensemble du métabolisme de base. Pour rappel, le métabolisme désigne l’ensemble des réactions chimiques permettant à un être vivant de se maintenir en vie, de croître et de perdurer.

 

Le corps recycle 90% de ses protéines

Bilan récapitulatif : pas d’acides aminés = pas de vie.

Or, il serait fou de penser que le corps laisse à la charge de l’être vivant d’apporter quotidiennement l’ensemble des éléments nécessaires à sa survie. Non, non, le corps se suffit à lui-même. Il recycle, effectivement, la totalité de ses protéines.

Ce point, rarement mentionné dans la littérature scientifique française, est souligné dans un article publié le 13 septembre 2010 par la fameuse université canadienne McGill. Ce dernier, intitulé « Your body recycling itself – captured on film », est très clair. « Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles les cellules recyclent les protéines – le jeûne, qui cause une perte musculaire, la croissance et les modifications inhérentes au développement [du corps], et un renouvellement naturel visant à remplacer les anciennes protéines par des nouvelles, […] ».

Dans la même lignée, voici un extrait d’article publié le 23 août 2016 par la prestigieuse école de médecine de Harvard. Ce dernier, intitulé « Insights into Protein Recycling », est sans ambiguité. « Le bon maintien des niveaux de protéines dans les cellules repose très largement sur un composant cellulaire appelé protéasome, qui dégrade les protéines non-nécessaires ou déficientes afin de recycler leurs composants pour un éventuel assemblage de nouvelles protéines. »

Tous les jours, le corps dégrade donc des protéines pour en recréer d’autres. Si l’on s’en réfère à la littérature médicale de Harvard et McGill, la perte protéinique suite à ce recyclage est nulle.

 

Les besoins réels du corps en protéines apportées par l’alimentation

Il est certain que le dogme sociétal vis-à-vis de la consommation de protéines va en prendre un coup. Après avoir parcouru les articles des plus prestigieuses institutions médicales, la conclusion est sans appel. On peut dire, à juste titre, que notre besoin en protéines, d’origine externe (donc alimentaire), est nul.

En prenant, hypothétiquement, une marge de sécurité d’une perte quotidienne maximale de 5% des protéines, due à leur recyclage, on peut dire à coup sûr du monde que le corps recycle au moins 95% de ses protéines.

Alors, où trouver, en termes d’aliments, ces hypothétiques 5% maximum manquant ? Partout ! Manger 2 ou 3 fruits comblera vos besoins journaliers. Idem pour quelques légumes, sans parler du reste.

 

Merci pour votre attention.

A bientôt.

 

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