Perturbateurs endocriniens : ces substances invisibles qui vous veulent du mal

Bonjour,

Rares sont les personnes n’ayant jamais entendu le terme « perturbateurs endocriniens ». Pourtant, rares aussi sont celles ayant approfondi leurs recherches à propos de ces substances utilisées en masse par diverses industries (plastique, alimentaire, médical, …). Le problème est que ces composés chimiques sont particulièrement connus pour leur toxicité envers les organismes vivants, et que l’on en retrouve absolument partout. La communauté scientifique est, elle-même, très critique à l’égard de ces substances qui régissent pourtant nos vies.

Res Communis mène l’enquête pour démêler le vrai du faux…

 

Que sont, officiellement, les perturbateurs endocriniens ?

En réalité, c’est là que le bât blesse. Hier, c’est-à-dire le 30 mai 2017, se tenait une nouvelle réunion du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale – regroupant les 28 États membres de l’UE – pour enfin parvenir à une définition officielle des « perturbateurs endocriniens ». Et, pour la huitième fois, ces incompétents sont tous ressortis bredouilles de la réunion. D’ailleurs, même les hautes sphères bruxelloises voient en tout cela une « saga ridicule » [1].

Ce qui est sûr, c’est que le besoin d’une définition officielle des perturbateurs endocriniens ne s’est jamais fait aussi pressant qu’aujourd’hui. En effet, aucune réglementation européenne ne peut être mise en place sans définition officielle. Par conséquent, pendant cette période de latence, ces molécules cancérogènes se trouvant partout (produits alimentaires, nourriture, vêtements, jouets, meubles, …) ne peuvent aucunement être bannies du marché. Cela laisse à penser que le flou conservé autour de ces substances est volontaire. Les lobbies de l’industrie trouvent indubitablement leur compte à cette mascarade … surtout que la première définition des perturbateurs endocriniens a vu le jour il y a près de 26 ans.

 

Retour à la première définition de juillet 1991

En juillet 1991, une rencontre organisée par Theo Colborn au Wingspread Conference Center, dans le Wisconsin, rassembla d’éminents scientifiques et notamment des endocrinologues, toxicologues, pharmacologues et anthropologues.

Suite à ce rassemblement, durant plusieurs jours, pendant lequel chacun présentait ses travaux de recherches, les scientifiques sont tous parvenus à un accord quant à la définition de ces « endocrine disruptors » (ou « perturbateurs endocriniens » en français). [2]

Rémy Slama, chercheur à l’INSERM de Grenoble, explique en quoi cette définition consistait. Un perturbateur endocrinien est, selon la définition de juillet 1991, « une substance de synthèse (bisphénol A, phtalates…) ou naturelle qui mime ou perturbe l’action des hormones dans le règne animal ». Il ajoute que : « il agit en modifiant le fonctionnement des glandes endocrines comme la thyroïde, la cortico-surrénale, les organes reproducteurs (testicules, ovaires) ou la partie endocrine du pancréas qui régule le taux de glucose dans le sang, et dont le dérèglement est à l’origine du diabète ». [3]

 

Les perturbateurs endocriniens sont de partout

En termes simplifiés, ces molécules chimiques ont une structure quasi similaire à celle d’une hormone naturelle. De fait, les perturbateurs endocriniens se fixent sur tous les récepteurs hormonaux tapissant nos cellules. Bien souvent, l’effet pour la santé est délétère.

Comme le souligne l’INSERM, on retrouve une diversité conséquente parmi les perturbateurs endocriniens. Il en va de même concernant les nombreuses sources de contamination auxquelles les êtres vivants, dont les humains, sont exposés. Des produits manufacturés aux aliments d’origine végétale ou animale, on retrouve effectivement ces composés de partout. Un autre problème est qu’ils sont majoritairement rémanents. Cela veut simplement dire qu’ils perdurent dans l’environnement pendant maintes années après leur production. [4]

 

Deux grandes catégories de perturbateurs endocriniens

Il est bon de savoir que les hormones naturelles ou de synthèse sont une source majeure de perturbateurs endocriniens. Parmi les hormones naturelles, on distingue par exemple les œstrogènes, la testostérone ou la progestérone. Concernant les hormones de synthèse, on les retrouve souvent dans des produits de synthèse utilisés en thérapeutique (substitution hormonale, contraception, …). Elles entraînent, logiquement, un risque en rejoignant les milieux naturels. Les phyto-œstrogènes, présents dans certaines plantes (soja, luzerne), font aussi partie des perturbateurs endocriniens. [5]

Selon l’INSERM, il existe aussi « un groupe de perturbateurs endocriniens, bien plus large, rassemblant tous les produits chimiques et sous-produits industriels qui peuvent interférer avec le système endocrinien de l’homme ou de l’animal. Il comporte à l’heure actuelle plus d’un millier de produits, de nature chimique variée. Parmi les plus fréquents, on peut citer :

  • des produits de combustion comme les dioxines, les furanes, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)…
  • des produits industriels ou domestiques comme :
    – les phtalates, ou le bisphénol A utilisés dans les plastiques ;
    – les parabènes, conservateurs utilisés dans les cosmétiques ;
    – les organochlorés (DDT, chlordécone…) utilisés dans les phytosanitaires ;
    – l’étain et dérivés utilisés dans les solvants. » [4]

 

Les pertubateurs endocriniens dans l’alimenation et les produits du quotidien

Avec tout ce qui a précédemment été énoncé, il nous semblait vital de rappeler où se trouvaient les plus grands dangers du quotidien. Dès lors, impossible de passer à côté de 13 substances avec lesquelles nous sommes (trop) fréquemment en contact. Les voici :

  1. Le bisphénol A (ou BPA) : cannettes, tickets de caisse et plastiques avec le n°7 entouré
  2. Les parabènes : cosmétiques, aliments (E214, E215, E218, E219), boissons et médicaments
  3. Les dioxines : laitages, viandes, poissons, crustacés et coquillages
  4. L’atrazine : eaux brutes, eaux du robinet, Vittel, Volvic, Cora (eau gazeuse)
  5. Les phtalates : emballages alimentaires, parfums, cosmétiques et plastiques (n°3 entouré)
  6. Les perchlorates : eaux brutes et eaux du robinet
  7. Les retardateurs de flamme bromés (BFRs) : meubles rembourrés, électronique, textiles
  8. Le plomb : pots (bébés), fruits, légumes, viandes, poissons, laitages, céréales, eaux robinet
  9. L’arsenic : pots (bébés), poissons, crustacés, coquillages, volaille, laitages, céréales, tabac
  10. Le mercure : poissons, crustacés, amalgames dentaires, cosmétiques, produits Big Pharma
  11. Les hydrocarbures perfluorés (PFCs) : emballages alimentaires, téflon, shampoings
  12. Les pesticides organophosphorés (OPPs) : fruits, légumes, épandages
  13. L’éther de glycol : déodorants, shampoings, crèmes, savons, cosmétiques

Sources : [6] [7] [8] [9] [10] [11] [12] [13] [14] [15] [16] [17] [18] [19]

 

Conclusion

Sans même le savoir, notre quotidien est envahi de substances invasives et perturbatrices, d’un point de vue hormonal. Notre vie est désormais un éternel évitement, à savoir celui des perturbateurs endocriniens. Moins il y aura de contact entre vous et eux, et plus vos probabilités de vivre vieux augmenteront. Le constat est navrant, d’autant plus pour les jeunes générations actuelles et celles à venir. L’ampleur des dégâts sera, selon toute vraisemblance, telle qu’il est actuellement impossible d’en évaluer la portée.

En ce qui concerne l’alimentation, abandonnez le navire du conventionnel et prenez le train du BIO e marche … tant que vous le pouvez encore. Nul catastrophisme dans nos propos, seulement de l’objectivité.

Si vous désirez obtenir des conseils pour votre santé ou votre alimentation, Res Communis vous invite à vous tourner vers son Bilan de Santé Personnalisé (BSP) [20]. Très sincèrement, votre vie en vaut le coup !

 

Merci à tous pour votre soutien et prenez soin de vous. A bientôt.

 

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Sources :

[1] Céline Schoen, L’Europe n’arrive toujours pas à s’entendre sur la définition des perturbateurs endocriniens, <http://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Sante/LEurope-narrive-toujours-pas-sentendre-definition-perturbateurs-endocriniens-2017-05-30-1200851304>, 30 mai 2017
[2] Carol F. Kwiatkowski & Ashley L. Bolden, Twenty-Five Years of Endocrine Disruption Science: Remembering Theo Colborn, <https://ehp.niehs.nih.gov/ehp746/>, septembre 2016, vol. 124
[3] Denis Sergent, Pourquoi l’Europe ne parvient pas à clarifier le risque des perturbateurs endocriniens ?, <http://www.la-croix.com/Sciences/Sciences/Pourquoi-lEurope-parvient-clarifier-risque-perturbateurs-endocriniens-2016-12-05-1200808141?id_folder=1200851286&amp;position=6>, 05 décembre 2016
[4] Inserm & Robert Barouki, Les perturbateurs endocriniens, <https://www.inserm.fr/thematiques/sante-publique/dossiers-d-information/les-perturbateurs-endocriniens>, octobre 2015
[5] Gilbert Barbier, Perturbateurs endocriniens, le temps de la précaution, <http://www.senat.fr/rap/r10-765/r10-765_mono.html#toc24>, 12 juillet 2011
[6] EWG, Dirty Dozen Endocrine Disruptors, <http://www.ewg.org/research/dirty-dozen-list-endocrine-disruptors>, 28 octobre 2013
[7] Greg, Les perturbateurs endocriniens, liste et risques, <http://www.bon-coin-sante.com/blog-sante-sans-prise-de-tete/actualites-sante/un-perturbateur-endocrinien/>, 18 avril 2013
[8] Ludmilla Terres, Les perturbateurs endocriniens, une menace pour le développement du cerveau, <http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/03/07/les-perturbateurs-endocriniens-une-menace-pour-le-developpement-du-cerveau_5090679_3244.html>, 07 mars 2017
[9] Cancer-environnement, Les retardateurs de flamme, <http://www.cancer-environnement.fr/499-Retardateurs-de-flamme.ce.aspx>, 21 avril 2016
[10] Thomas Morel, Polluants dans l’eau : les marques concernées, <http://www.europe1.fr/france/polluants-dans-l-eau-les-marques-concernees-1459689>, 22 juillet 2015
[11] Docbuzz, Au robinet ou bien en bouteille, l’eau de France est contaminée, <https://www.docbuzz.fr/2011/05/21/123-au-robinet-ou-bien-en-bouteille-leau-de-france-est-contaminee/>, 21 mai 2011
[12] Stéphane Foucart, Les produits retardateurs de flamme présentent des risques pour la santé, <http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/10/23/haro-sur-les-retardateurs-de-flamme_4795283_3244.html>, 23 octobre 2015
[13] Julie Bernichan, De l’arsenic, du plomb et du nickel dans des aliments pour bébés, <http://www.lci.fr/sante/alimentation-des-moins-de-trois-ans-ces-substances-dont-il-faut-se-mefier-2005103.html>, 28 septembre 2016
[14] Consoglobe, Quand l’alimentation a du plomb dans l’aile, <https://www.consoglobe.com/alimentation-plomb-aile-4535-cg>, 5 novembre 2010
[15] OMS, Arsenic (Aide-mémoire N°372), <http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs372/fr/>, juin 2016
[16] OMS, Mercure et santé (Aide-mémoire N°361), <http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs361/fr/>, mars 2017
[17] Jean-François Narbonne, Alerte aux PFC : 200 scientifiques mettent en garde contre ces produits chimiques qui ont envahi notre quotidien, <http://www.atlantico.fr/decryptage/alerte-aux-pfc-200-scientifiques-mettent-en-garde-contre-ces-produits-chimiques-qui-ont-envahi-notre-quotidien-jean-francois-2128487.html>, 06 mai 2015
[18] Consoglobe, Pesticides (sous-partie 1.9.1 Des organophosphorés en voie de disparition), <https://www.encyclo-ecolo.com/Pesticides#Des_organophosphor.C3.A9s_en_voie_de_disparition>, 2013
[19] Élisabeth Chesnais, Déodorants et anti-transpirants, Les composants à éviter, <https://www.quechoisir.org/decryptage-deodorants-et-antitranspirants-les-composants-a-eviter-n3641/> 30 septembre 2015
[20] Res Communis, Bilan de Santé Personnalisé (BSP), <https://www.rescommunis.net/produit/bilan-de-sante-personnalise/>, mai 2017

2 réactions au sujet de « Perturbateurs endocriniens : ces substances invisibles qui vous veulent du mal »

  1. Ping [MàJ] Les perturbateurs endocriniens seraient la cause de cas de puberté précoce…. – Les moutons enragés

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